Nous avons jusqu’au
30 novembre pour prendre une autre assurance
maladie
Pourquoi peu d’assurés
changent de caisse
Jusqu’ici, très peu
d’assurés changent de caisse maladie, même s’ils
auraient intérêt à le faire. Ils suivent une
autre logique que l’intérêt économique sur lequel
La LAMal se fonde pour limiter les primes.
«Si les assurés ne quittent
pas leur caisse pour une assurance moins chère,
ils ne sont pas stupides pour autant», avance
Paola Riccardi, assistante de méthodologie en
science sociale de l’Université de Lausanne.Elle
s’est penchée avec François Monnet, étudiant
en sciences politiques, sur le comportement
des assurés à l’égard de leur assurance maladie
obligatoire, lequelsemble paradoxal. Si 38 %
d’entre eux* se déclarent insatisfaits du montant
de leur primes, leur paiement constituant pour
eux un problème, seuls 3% changent effectivement
de caisse. Les deux chercheurs se sont basés
sur les réponses de 59 personnes. Ils ne prétendent
pas qu’il s’agit d’un échantillon représentatif
(au moins un millier d’individus). Ici les 59
sont vaudois, payent des primes supérieures
à la moyenne et n’ont pas changé de caisse depuis
1996, l’année d’entrée en vigueur de la LAMal.«La
LAMal se fonde sur la concurrence entre les
caisses maladies pour faire baisser les primes.
Or peu de gens ont recours à la possibilité
de changer de caisse. La rationalité économique
attendue par le législateur de la part des assurés
ne se vérifie pas», constate François Monnet.
«Ils sont attachés à la qualité de service,
la rapidité des remboursements», affirme Paula
Riccardi.
«MA CAISSE EN VAUT UNE
AUTRE»
«Ma caisse en vaut une
autre», considère plus de la moitié des assurés
interrogés. Dès lors, ils ne veulent pas consacrer
du temps à de la «paperasserie», à comparer
les primes des divers caisses, à préparer des
courriers. D’autant que l’année suivante, rien
ne leurgarantit qu’ils ne devront pas recommencer.«En
dehors du montant des primes, ils ne disposent
pas d’informations sur la rapidité des remboursements,
sur la qualité du service à la clientèle. Changer
de caisse, c’est partir dans l’inconnu. L’assuré
ne saura s’il a fait le bon choix que s’il tombe
malade…», explique François Monnet.Beaucoupd’assurés
considèrent que leur caisse leur offre une «couverture
plus intéressante». Ce faisant, ils confondent
l’assurance obligatoire, «de base», qui couvre
la même chose d’une caisse à l’autre et les
assurances complémentaires qui ne sont pas soumises
à la LAMal. «Notre démarche vise à ouvrir des
pistes. Nous n’avons pas la prétention d’avoir
réalisé un travail définitif. L’objectif est
de motiver d’autres recherches», précise Paula
Ricciardi. Selon Claude Gaulis, secrétaire général
de l’assurance COSAMA, «il y a un tel battage
médiatique, que les caisses croulent actuellement
sous les demandes de changements! Les délais
ne seront pas aussi rapides que le souhaiteraient
les assurés. Le changement fréquent génére des
coûts», cocède-t-il…
F.R.
* Enquête GFS sur 1000
personnes.

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