16 10 2001
Pourquoi peu d'assurés changent de caisse

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La Presse du 16 novembre 2001

Nous avons jusqu’au 30 novembre pour prendre une autre assurance maladie

Pourquoi peu d’assurés changent de caisse

Jusqu’ici, très peu d’assurés changent de caisse maladie, même s’ils auraient intérêt à le faire. Ils suivent une autre logique que l’intérêt économique sur lequel La LAMal se fonde pour limiter les primes.

«Si les assurés ne quittent pas leur caisse pour une assurance moins chère, ils ne sont pas stupides pour autant», avance Paola Riccardi, assistante de méthodologie en science sociale de l’Université de Lausanne.Elle s’est penchée avec François Monnet, étudiant en sciences politiques, sur le comportement des assurés à l’égard de leur assurance maladie obligatoire, lequelsemble paradoxal. Si 38 % d’entre eux* se déclarent insatisfaits du montant de leur primes, leur paiement constituant pour eux un problème, seuls 3% changent effectivement de caisse. Les deux chercheurs se sont basés sur les réponses de 59 personnes. Ils ne prétendent pas qu’il s’agit d’un échantillon représentatif (au moins un millier d’individus). Ici les 59 sont vaudois, payent des primes supérieures à la moyenne et n’ont pas changé de caisse depuis 1996, l’année d’entrée en vigueur de la LAMal.«La LAMal se fonde sur la concurrence entre les caisses maladies pour faire baisser les primes. Or peu de gens ont recours à la possibilité de changer de caisse. La rationalité économique attendue par le législateur de la part des assurés ne se vérifie pas», constate François Monnet. «Ils sont attachés à la qualité de service, la rapidité des remboursements», affirme Paula Riccardi.

«MA CAISSE EN VAUT UNE AUTRE»

«Ma caisse en vaut une autre», considère plus de la moitié des assurés interrogés. Dès lors, ils ne veulent pas consacrer du temps à de la «paperasserie», à comparer les primes des divers caisses, à préparer des courriers. D’autant que l’année suivante, rien ne leurgarantit qu’ils ne devront pas recommencer.«En dehors du montant des primes, ils ne disposent pas d’informations sur la rapidité des remboursements, sur la qualité du service à la clientèle. Changer de caisse, c’est partir dans l’inconnu. L’assuré ne saura s’il a fait le bon choix que s’il tombe malade…», explique François Monnet.Beaucoupd’assurés considèrent que leur caisse leur offre une «couverture plus intéressante». Ce faisant, ils confondent l’assurance obligatoire, «de base», qui couvre la même chose d’une caisse à l’autre et les assurances complémentaires qui ne sont pas soumises à la LAMal. «Notre démarche vise à ouvrir des pistes. Nous n’avons pas la prétention d’avoir réalisé un travail définitif. L’objectif est de motiver d’autres recherches», précise Paula Ricciardi. Selon Claude Gaulis, secrétaire général de l’assurance COSAMA, «il y a un tel battage médiatique, que les caisses croulent actuellement sous les demandes de changements! Les délais ne seront pas aussi rapides que le souhaiteraient les assurés. Le changement fréquent génére des coûts», cocède-t-il…

F.R.

* Enquête GFS sur 1000 personnes.